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Conseils généraux


La plupart des enseignantes de langue sont désarmées lorsqu'il s'agit de diagnostiquer les problèmes de compréhension et de production orales de leurs apprenants.

La formation en phonétique étant le plus souvent quasi-inexistante, les enseignantes ont recours à la méthode du perroquet lorsqu'il s'agit de diagnostiquer une faute, et de lutter contre.

C'était le cas pour ma prof d'anglais de 6ème. Lorsqu'un élève avait du mal à prononcer le th anglais, par exemple le [ð] de [ðɪs] {this}, ce qui arrivait souvent, la prof faisait répéter le mot plusieurs fois : [ðɪs]! L'apprenant prononait selon les cas [zis], ou [vis]. Ne constatant aucun progès, elle le faisait lever devant toute la classe, et continuait à le persécuter jusqu'à ce que l'apprenant, se sentant ridicule, se mettait à pleurer, puis, à sangloter.

L'enseignante, si elle avait eu quelques notions de phonétique corrective, aurait employé une autre démarche.

Cette consonne n'existant pas en français (mettre la pointe de la langue entre les dents du haut et du bas), l'apprenant, qui ne connaît pas ce phonème l'identifie comme un [v] (lèvre du bas contre les dents du haut) ou comme un [z] (la pointe de la langue proche des alvéoles, juste derrière les dents du haut). Le résultat ne peut pas être satisfaisant.

Il faut donc faire prendre aux élèves de l'existence d'un son différent et leur expliquer comment il faut s'y prendre pour le réaliser, et les amener à le réaliser plusieurs fois en se concentrant sur la bonne position de la langue.

Ensuite, il faudra faire des exercices de discrimination, dans lesquels il faut reconnaître à l'oreille si un mot contient un [ð] ou une autre consonne qui lui ressemble, par exemple [z] ou [v].

Lorsque l'apprenant entend la différence avec certitude, on passe à des exercices d'application directe de production, dans lesquels on produit des[ð].

Ensuite, on passe à des exercices de lecture, dans lesquels on lit des [th] à haute voix, des versions sourdes thing [θɪŋ] et des versions sonores [ðɪs].

On passera ensuite à des exercices de transfert, dans lesquels on emploiera les sons. Ces exercices ne devront pas être des exercices de phonétiques purs et durs. Il faut que l'apprenant oublie la phonétique, tout en prononçant les sons comme l'enseignante le lui aura enseigné. On transformera des formes (a thing / this sing), par exemple, ou on décrira une image en employant {this} avec le vocabulaire que l'on vient d'apprendre.

On terminera par un test sur la compréhension, puis, sur la production.

Et surtout, on ne manquera pas, en cas de besoin, de rappeler aux apprenants comment se corriger.

Pour pouvoir procéder ainsi, il faudra que l'enseignante apprenne les bases de la phonétique du français, puis, celles de la correction phonétique, tant pour ce qui est des phonèmes que pour ce qui est de la prosodie, en particulier de sa composante l'intonation.

Vous trouverez:

  • la base de la phonétique dans nos ouvrages : eGrammaire, Prosodie, intonation et Grammaire et sur ce site, à la rubrique "Prosodie et Grammaire".
  • La phonétique corrective dans notre ouvrage : Le petit Guide pratique de la phonétique corrective et sur ce site, à la rubrique Phonétique corrective.
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Nouvelles...

Le livre Enseigner la valence verbale vient de sortir chez BoD sous le numéro

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Pour trouver le site :

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